Petit
nomade égaré
Tout
au fond des vallées,
Vas-tu
nous réveiller
?
Nous
jouer ces deux, trois notes de ton roseau si bien percé,
Nous
cueillir les derniers fruits de ce Nakan efféminé
Sauras-tu
taire à tout
jamais
Que
nous n'avons rien changé ?
Et
puis admettre de tes huit années
Que
tu seras le dernier…
Petit
Penan, défiguré,
Sans
moindre humanité
Vas-tu nous pardonner ?
D'oublier que tu savais
tisser les nattes de tes palmiers
De
laisser cette forêt
dévorer les rizières
qui t'allaitaient
Ces
quelques terres que tu bénissais,
sont
aujourd'hui condamnées
Reste la mer pour t'avouer
que
tu seras bien le dernier…
Petit
esprit, emprisonné,
De
notre vanité
Vas-tu abandonner ?
Les
présages
imaginaires des oiseaux volant dans les airs,
Les
croyances de tes ancêtres qui n'ont vécu aucune
guerre
Fendras-tu l'air pour nous guider
Et pour nous enseigner
Que sans ces vers, toi tu le savais
Tu
seras bien le dernier…